JASON Kreyasyon

Pour pouvoir se tenir droit et respirer librement, il faut lutter.

Posté par jasonkreyasyon à 18:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]


10 février 2015

Il aurait eu 142 ans aujourd’hui !

Alexis Michel Justin Lhérisson est un avocat, journaliste et « lodyanseur » haïtien, né à Port-au-Prince le 10 février 1873. Il est considéré comme le premier à avoir retranscrit des « lodyans » par écrit. En 1903, il compose la Dessalinienne à l'occasion du centenaire de l'indépendance haïtienne. Le poème est ensuite adopté comme l'hymne national d'Haïti.

 Dantès Bellegarde qui le connut bien le présenta ainsi: « En 1898, il fonda le quotidien Le Soir. C’est là qu’il faut chercher l’homme, l’écrivain, l’ironiste… Il avait inventé un genre d’article, qui n’appartenait qu’à lui : chaque lundi il écrivait une “petite revue”, dans laquelle il était censé résumer tous les faits importants de la semaine écoulée. Cela n’avait pas plus de quinze lignes, mais c’était de la critique quintessenciée, concentrée, sublimée. Il n’y disait rien, et cependant on y lisait tout, et quelque chose encore. La phrase la plus anodine était hérissée d’intentions malignes. Dans les milieux gouvernementaux, on disséquait ces articles du lundi pour essayer d’y découvrir la parole imprudente qui pût justifier quelque mesure violente contre le directeur du Soir. Mais Lhérisson restait insaisissable. »

Deux de ses publications marquent de façon indélébile le ciel littéraire haitien, les « romans-audiences », La Famille des Pitite-Caille (1905) et Zoune chez sa ninnaine (1906).

Rendant hommage à ce géant, Maximilien Laroche affirme que : «Mais l’influence de Lhérisson ne se circonscrit pas aux seuls auteurs d’audiences ou de lodyans. Le récit de type diglottique auquel Lhérisson a donné se lettres de créances a préparé la voie à la manière dont Jacques Roumain a su écrire l’haïtien en français. Dans Gouverneurs de la rosée, Roumain a porté ce style d’écriture à sa perfection en le rendant capable de traduire non plus seulement le rire et la caricature mais l’émotion et l’admiration aussi bien que l’indignation et la détresse. Il l’a fait passer au haut de gamme des sentiments après l’ironie et la raillerie des récits de Lhérisson. Ce style nouveau, accompagnant un genre nouveau, n’était plus seulement une voie qui s’ouvrait mais un sillon qui sera depuis largement labouré par les écrivains antillais de la créolité. »

Le texte de La Dessalinienne qui succéda, en tant qu'hymne national, à Quand nos Aïeux brisèrent leurs entraves a été adopté en 1904 à l'occasion du centenaire de l'indépendance haïtienne. A noter que cet hymne a reçu son nom en l'honneur de Jean-Jacques Dessalines (1758-1806), le plus grand Révolutionnaire de tous les temps, premier Empereur d'Haïti (1804-1806) et  Père de la Patrie. La Dessalinienne fut chantée pour la première fois à Saint-Marc, sur l’autel de la Patrie, le 17 octobre 1903, sur la demande du Dr Clément Lanier, à l’occasion de la remise d’un buste de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines. Une deuxième fois, le 29 novembre 1903, Centenaire de l’entrée des troupes indigènes au Cap Français, au « Petit Théâtre » de Port-au-Prince par les élèves de « l’École de Musique ».

La Dessalinienne

Pour le Pays, pour les Ancêtres

Marchons unis, marchons unis

Dans nos rangs point de traîtres

Du sol soyons seuls maîtres

Marchons unis, marchons unis

Pour le Pays, pour les Ancêtres

Marchons, marchons, marchons unis

Pour le Pays, pour les Ancêtres

Pour les Aïeux, pour la Patrie

Bêchons joyeux, bêchons joyeux

Quand le champ fructifie

L'âme se fortifie

Bêchons joyeux, bêchons joyeux

Pour les Aïeux, pour la Patrie

Bêchons, bêchons, bêchons joyeux

Pour les Aïeux, pour la Patrie

Pour le Pays et pour nos Pères

Formons des Fils, formons des Fils

Libres, forts et prospères

Toujours nous serons frères

Formons des Fils, formons des Fils

Pour le Pays et pour nos Pères

Formons, formons, formons des Fils

Pour le Pays et pour nos Pères

Pour les Aïeux, pour la Patrie

O Dieu des Preux, O Dieu des Preux

Sous ta garde infinie

Prends nos droits, notre vie

O Dieu des Preux, O Dieu des Preux

Pour les Aïeux, pour la Patrie

O Dieu, O Dieu, O Dieu des Preux

Pour les Aïeux, pour la Patrie

Pour le Drapeau, pour la Patrie

Mourir est beau, mourir est beau

Notre passé nous crie :

Ayez l'âme aguerrie

Mourir est beau, mourir est beau

Pour le Drapeau, pour la Patrie

Mourir, mourir, mourir est beau

Pour le Drapeau, pour la Patrie

Bon à savoir : La loi du 5 août 1919 a consacré officiellement La Dessalinienne, Hymne national d’Haïti : Le conseil d’État usant des pouvoirs que lui confère la Constitution en son article 55 et ses dispositions transitoires – Art. D – a voté la loi suivante :

Article Unique : Le Chant intitulé La Dessalinienne, paroles et musique de Justin Lhérisson et de Nicolas Geffrard est déclaré Chant national haïtien.

Donné au Palais Législatif à Port-au-Prince, le 5 août 1919.

Le Président : S. Archer

Les Secrétaires : Ch. Sambour, L. Alexis au nom de la République

Le Président de la République ordonne que la loi ci-dessus soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée et exécutée.

Donné au Palais national à Port-au-Prince, le 6 août 1919,

an 116e de l’Indépendance.

Par le Président : Sudre Dartiguenave

Par le Secrétaire d’État de l’Intérieur : B. Dartiguenave

Source : Le Moniteur du 18 août 1919

thjl

thzcsn

thlfpc

thdess

210px-Dessalines

HONORONS la MEMOIRE de Alexis Michel Justin Lhérisson dont le patriotisme fervent a su trouver les paroles incarnant l’âme haïtienne.

 

Posté par jasonkreyasyon à 14:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 février 2015

La crise ira encore plus loin

Du « Calmons-nous et regardons-nous dans le miroir » de Aly Acacia paru sur ma page le 4 février 2015.

Une mise au point : « cette réflexion n’a pas une vocation cathartique ni polémique.

3490137c-a0f4-11dd-b6e2-172d4b97fa84

caledosphere-vie-chere-nc

Prix-essence_38871

flambee-prix-agricoles-emeutes-explications-2-L-2

theg

Nécessité d’une contextualisation.

Liminaire. Le texte de Aly Acacia fait suite à une publication que j’ai postée le 2 février 2015 sur mon adresse facebook.com. et qu’on peut assimiler à une tentative de mise au point sur la question du prix de l’essence à la pompe en Haïti après les baisses du baril du pétrole brut dans le monde enregistrées ces dernières semaines. Sa démarche a suscité beaucoup de commentaires d’amis et d’intéressés au débat sur l’inconsistance ou encore l’inconstance populaire. Mais … mais … mais il se trouve que le respect de la règle du jeu est aussi au coeur du plus difficile des problèmes que les « sociétés haïtiennes »  doivent affronter aujourd'hui. Ce qui caractérise les démocraties républicaines et fédérales de référence dans le monde n’est-il pas d’avoir créé ou de chercher à ériger une nation démocratique autonome et un système politique médiateur entre les strates sociales, les confessions  cultuelles, la société civile et les pouvoirs représentatifs? La question de la résilience sociale, c’est aussi la question de la reconnaissance, c’est lié à la question de la dignité et de la moralité : comment est-ce que les gens qui sont dans les groupes dominés font face aux défis, surtout dans le contexte de la crise économique actuelle ? C’est à partir des interrogations susmentionnées que je souhaite interroger la position de l’auteur et de ses amis.

Du texte. D’emblée, deux incontournables selon son auteur : « a- Il n'y a rien de romantique en Sciences Économiques ; b- En économie, malheureusement, on ne connaît pas le châtiment du jugement dernier même si les décisions peuvent être apocalyptiques. ». Des questions-raisonnements portant principalement sur l'aspect inhumain donc monétariste de l'économie qui m’ont fait croire écouter-lire Milton Friedman. En effet, cet économiste, militant et polémiste habile qui soutenait le Parti républicain des Etats unis d’Amérique du nord a émis des idées qui ont trouvé leur cohérence dans l'opposition systématique au keynésianisme. Dans cette perspective, une lecture des événements à l’aune des grilles d’analyse classique des sciences économiques semble intenable. La façon dont les économistes posent la question de la vie chère en Haïti n’est-elle pas trop étroite ? Les échelles d’explication sont multiples, articulant des logiques historiques, économiques, territoriales, institutionnelles et politiques. Il faudrait répondre à cette question de manière empirique, pas présupposer des réponses mais généralement c’est une société qui donne certains outils à ses membres. En effet, selon Jacques Rancière, l’agir politique est ce qui instaure un nouveau lieu où se dévoilent la contradiction et la « mésentente » ; le sujet politique jusque-là invisibilisé se découvre alors non pas comme représentant d’une minorité mais comme partie du tout recomposé par son action à partir d’une exigence d’égalité irréductible à sa dimension « juridico-politique » ou économique. Ce n’est donc pas la revendication d’une place au sein d’un ordre déjà constitué et établi mais une irruption qui impose une reconfiguration de cet ordre. Ceci est une autre histoire.

Baril de pétrole = baril de poudre.

Comme à chaque baisse du baril de brut sur les cours internationaux, les pétroliers et l’Etat haïtien sont accusés de ne pas répercuter le mouvement sur le prix à la pompe. Après la dernière flambée du pétrole, l'automobiliste espérait, début mai, voir rapidement l'effet du reflux des cours du pétrole sur sa facture à la station-service et le client du transporteur « public ». Ils ont dû vite déchanter, faire grève et accusé de ne rien comprendre en revendiquant contre la vie chère ou encore d’embarrasser le pouvoir en place. Pauvres boucs émissaires des classes populaires. Robert Castel nous oriente : « On le voit : insécurité et précarité sont étroitement associées aux conditions d’existence des classes populaires. Elles résultent de la sujétion ou de la dépendance économique qui constituent l’une des formes majeures que peut prendre la position dominée». La position de ceux qui critiquent ces masses qu’ils appellent INCENSES  me rappelle Nicolas Sarkozy, 23e Président de la République Française, qui, à  Dakar en 2007, au lendemain de son élection donnait cette leçon à « ces gens » : « Le  drame de l'Afrique vient du fait que  l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ». Wow ! Comme les donneurs de leçons se retrouvent. Il suffit de relire Edgar Morin pour s’en convaincre ; le noir par assimilation le pauvre revendicatif, est et reste primitif, comme scotché à une misère dont il est l’unique responsable. Allez comprendre ces épigones d’un système économique qui fabrique des usines à frustrations, industrialise et sanctifie les inégalités. Des articles parus dans Le Nouvelliste révèlent des vérités de la palisse.

Lisons.

-Pharès Jérôme : « Quatre ans plus tard, on est revenu à la réalité. Le pays attend avec angoisse la facture des dépenses de l’administration Martelly/Lamothe.  Entre-temps, Martelly tente de prendre par la main droite ce qu’il donnait avec la main gauche. N’était la mobilisation populaire, le gouvernement n'aurait pas retiré un iota sur les prix des produits pétroliers à la pompe en dépit du fait que le prix du baril a diminué de plus de 50% sur le marché international. » (article publié dans Le Nouvelliste du 4 février 2015 : « Quel est l’avenir des chantiers de l’ère Martelly ?»)

-Frantz Duval: « La baisse du prix à la pompe fera diminuer en tout premier lieu le coût du transport. Il permettra de compenser en partie la dépréciation de la gourde qui a refait surface au milieu du mois de janvier 2015. En général, les commerçants répercutent toute hausse du taux de change sur les prix des produits à l’étalage, particulièrement les produits de première nécessité. Très souvent, dans une plus grande proportion que l’augmentation du taux de change. » (article publié dans Le Nouvelliste du 2 février 2015 : « Baisse du prix du pétrole. Bonne nouvelle pour le pays, néfaste pour le gouvernement »)

Que l’on accepte d’y regarder de près et qu’on revienne au fondamental. Après les remarques relativement « hermétiques » et pleines de « sous-entendus en créole [le genre ma grand-mère disait] de monsieur Aly Acacia, il nous propose la lettre S pour introduire le concept  Sérénité dans le ciel haïtien comme un météorologiste (économique). Le gouvernement en place a annoncé une baisse de prix et re-annonca avec des syndicats jaunes liés à l’ancien président Préval, comme par magie, une nouvelle baisse de prix entre deux jours de grève générale. En réalité, il a fallu attendre le résultat de la grève générale pour observer les premiers effets concrets de la chute brutale des cours internationaux de l'or noir en Haïti. En fait, personne n’a perdu son temps à se battre pour « ses » intérêts. Faisant semblant de jouer le jeu, l’un ralentit son combat contre la vie chère et l’autre maintient ses hautes taxes tout en diminuant sa marge de bénéfice. Pourront-ils tenir leurs promesses ou attitudes parce qu’effectivement, il n’y a rien de romantique en sciences économiques.

Le prix du pétrole baisse en bourse pas autant à la pompe.

Questions. L’ANADIPP est-elle est exemptée de certains impôts au titre de la niche du bénéfice national consolidé ? Toutefois, il y a deux choses qu'il faudrait apprécier : la situation dans les autres pays des caraïbes, qui se retrouvent dans la même situation, et  rendre lisible les marges bénéficiaires pour remettre les choses au clair. Si l’État n'a pas la volonté politique, rien ne se fait. Mais rien ne l’a empêché de mettre en place un système de blocage des prix de l'essence.

On y reviendra. 

Comment appeler les déshérités à croire en la République si celle-ci viole ses propres règles à leur détriment?

Retour sur la sérénité préconisée par mon ami sur facebook.com  - qu’est cet état d’être? C’est la tranquillité, le calme, l’absence de trouble ou d’agitation.  William Shakespeare disait que : « « Il n'y a pas de philosophe qui supporte avec sérénité une rage de dents. ». La rage, aujourd’hui, c’est le mépris des citoyens qui l’a provoquée. Le climat est pesant, quasiment insoutenable. La menace est partout, elle porte différents uniformes, parle plusieurs langues dont celle du changement réel. Encore Friedman : « « Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite ». Chiche. «Lost in Transition».

Des observations s’imposent d’abord avant d’aller plus loin. On ne peut discuter du succès relatif des sociétés sans considérer l’identité collective des groupes et les cadrages qui leur sont associés.

Encore des questions.

Lors d’une des hausses du prix du pétrole en 2009, les analystes de JBC Energy, à Vienne expliquaient que les gains spectaculaires ont été dictés, de façon largement dominante, par des facteurs financiers et par l'optimisme du marché plutôt que l'offre et la demande», comment les décideurs peuvent-ils rester muets en Haïti sur la « facture salée » malgré la baisse du prix en 2015 OU ENCORE MURMURER  AUX CITOYENS « PAYEZ ! C’EST POUR VOTRE BIEN ! » ?

La défense des contribuables et consommateurs en Haïti passerait-elle par un Observatoire des prix et des marges pour vérifier l'absence d'anomalies autour des prix du brut, qui sont déterminés par l'offre et la demande internationales et les prix à la pompe ?

Toute ressemblance avec 2014 serait-elle vraiment fortuite ? On peut identifier des points communs, une ambiance générale, un ciel chargé de menaces déclarées…pauvreté, misère, répression policière, colorisme sous-jacent, justice instrumentalisé, un carnaval en février très problématique du point de vue de son contenu etc…

Ces questions ne me semblent pas vaines. Dans le contexte actuel, il faudrait se garder de trop se fier à la logique économiste uniquement. Si les logiques périphériques ont toute leur place dans l’analyse, il serait bien risqué de les substituer au cœur du problème, sauf à reproduire cette tendance dominante au refoulement de cette question sociale, qui appelle d’autres remèdes que l’inflation pénale et la disqualification des revendications. 

Enjeux stratégiques

L’expression politique de la lutte contre la vie chère est condamnée sans rémission par Aly Acacia et ses amis comme une lutte à courte vue et vécue comme une instrumentalisation de la misère des masses par l’opposition politique au pouvoir du Président Martelly (devenu de facto avec la prise de pouvoir en force de Evans Paul devenu Premier Ministre de facto). Monsieur Acacia dans un poste (encore sur ma page facebook.com le 2 février 2015) affirme : « Je suis d'accord avec le combat contre la vie chère mais son efficacité repose sur des décisions réfléchies et sereines. Haïti continuera d'exister, au-delà de ce gouvernement». On peut toujours tenter de dissocier politique et économie mais la politique immuablement restera un condensé de l’économie. André Corten dans le cas qui nous préoccupe constate que « Les conflits collectifs […] sont souvent jugés avec condescendance par plusieurs secteurs des élites politiques nationales et internationales qui ne jurent plus que par la “bonne gouvernance”, c’est-à-dire par une gestion publique pensée dans les termes d'une rentabilité du secteur privé. Le conflit y est apprécié en coûts et non plus en expression de droits ». Les crises financières produiront toujours des crises politiques. On nous ment quand on veut aussi nous faire croire que chaque revendication sociale nous conduit au chaos ou chaque cri d’un citoyen indigné pour l’application stricte de la constitution de 1987 est une preuve d’intransigeance. On parle beaucoup de compromis parce qu’on méprise nos lois. Comme les  vampires, les traîtres ont toujours eu peur de la lumière donc il faut une réelle mise en débat !

Les enjeux stratégiques en Haïti aujourd’hui c’est la re-construction de la NATION en tant que lieu de la combinaison harmonieuse de l’unité et de la diversité, de l’universalisme et de la reconnaissance des particularismes sans masquer les conflits d’intérêts qui opposent les classes sociales. Remarquons que l’idée de nation a fait l’objet d’importantes remises en cause. Comprendre, ici, que le concept en référence trouve sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance COMMUNE. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu’elle est intériorisée et transmise d’une génération à l’autre. Pour s’imposer, elle suppose également l’existence d’une volonté durable de vivre au sein d’un même ensemble. L’économiste Ludwig von Mises nous rappelait il y a presque un siècle : « une nation n'est pas nécessairement la même chose que « l'État ».

7/2/2015 

Muscadin Jean-Yves Jason

Anthropologue et Entropologue

PS La bataille du prix à la pompe a recommencé ET revient la grève !

Posté par jasonkreyasyon à 13:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 février 2015

REVOLUTION ET CONTRE REVOLUTION

Cover livre pour twiter

Révolution, Contre-révolution

Quoi de plus utile, en ces temps de pollution des esprits, que de vous proposer la lecture de deux pages qui en racontent mille ; la courte préface de JACQUES BOISLEVANT au petit livre de Louis Daménie*… Une puissance d’analyse que l’on trouve rarement en ce siècle de pauvreté intellectuelle. Je vous propose le texte intégral de cette préface qui vous invitera, à coup sûr, à lire le livre en entier ou qui sait à... le réviser. 

Préface :Il est peu d’hommes, parmi nos contemporains, qui se soient penchés avec autant d’attention sur le phénomène révolutionnaire que Louis Daménie. Son extraordinaire sens du devoir, sa passion pour le vrai, sa foi profonde et sa fierté de Français le conduisaient naturellement à un examen approfondi de la grande vague qui a renversé nos institutions et qui, aujourd’hui, menace d’engloutir ce qui subsiste de la civilisation chrétienne. Il n’est pas exagéré de dire que Louis Daménie s’est adonné à cette étude avec une sorte d’acharnement ; avant même d’être la cause d’effroyables malheurs, le scandale pour l’esprit que représente la Révolution est assez formidable pour exiger une explication et il ne pouvait se satisfaire des analyses qui lui paraissaient incomplètes, trop partielles ou parfois trop incertaines pour recevoir l’adhésion totale de son intelligence. C’est donc avec minutie, avec humilité aussi que Louis Daménie a lu les ouvrages des grands contre-révolutionnaires et qu’il a su, grâce à son esprit de synthèse, dégager les fils conducteurs qui permettent de résoudre l’énigme. Il avait à peine rassemblé, sous forme d’un Cahier, les divers articles qu’il avait consacrés à cette question dans l’ordre Français qu’éclatait la révolution avortée de 1968. Le déroulement de cette pénible mascarade ne faisait qu’apporter une éclatante CONFIRMATION à l’analyse qu’il avait faite, comme en témoigne la postface de son ouvrage. On peut dire qu’elle recevait, aussitôt publiée, la sanction de l’expérience.

On ne trouvera, dans ce petit livre, aucune idée tout à fait nouvelle et originale, mais une trame, un canevas, une synthèse, aboutissements de l’examen comparé de la thèse du Père Barruel et de celle d’Augustin Cochin. Louis Daménie nous montre avec précision comment ces deux thèses, loin de s’exclure mutuellement, se complètent et s’harmonisent ; qu’il est juste de reconnaitre, avec Barruel, l’existence d’une sorte de complot permanent contre le christianisme et même contre l’ordre naturel, complot dépourvu de chef apparent et peut être même de chef réel, qui se perpétue et se propage, comme l’incendie des forêts, de broussailles en broussailles, par l’action de multiples pyromanes, mais qu’il faut admettre également selon la lumineuse démonstration de Cochin, l’effet de la logique interne de la « société de pensée », moteur de cette machine que ses desservants ne maitrisent plus et qui sont broyés par elle après l’avoir mise en marche pour anéantir leurs adversaires. En bref, si le Mal à un inspirateur permanent, dont la volonté de refus et de révolte suit une ligne inflexible et CONTINUE, il arrive un moment où l’apprenti sorcier devient impuissant à contrôler, à modérer ou diriger l’incendie qu’il a allumé. N’en est-il pas de même pour ces guerres qui, au moment où elles éclatent, se parent d’une sombre fatalité, plus décisive et plus impérieuse que la volonté des puissants du jour ?

La complémentarité entre l’analyse de Barruel (qui est aussi celle de J. de Maistre et de Crétineau-Joli) et celle de Cochin (qui prolonge et éclaire le travail de Taine) doit être examinée également sous un autre angle. La première nous permet d’identifier l’ennemi : le libre examen, la Franc-Maçonnerie, les sectes, la « philosophie » révolutionnaire, sous son double visage du libéralisme et du totalitarisme. La seconde nous renseigne, avec un réalisme et un pragmatisme remarquables, sur les méthodes de l’adversaire : le principe de la décision préalable, l’art d’acquérir un vote, la préparation et l’exécution d’une journée révolutionnaire… Nous savons ainsi qui est l’ennemi et comment agit l’ennemi, comment aussi il déclenche un mécanisme dont le fonctionnement finit par lui échapper. Aucune tâche, en l’an de grâce 1988, n’est plus urgente, plus pressente, que l’enseignement de ces principes aux nouvelles générations.

Depuis quelques millénaires, l’homme n’a rien inventé de neuf, sinon des techniques, c’est-à-dire des outils de plus en plus perfectionnés : de même, le révolutionnaire de la fin du XXe siècle emploie les mêmes procédés et s’appuie sur les mêmes principes que ses devanciers de 1789 ; toutefois il dispose de moyens beaucoup plus puissants que ceux-ci, et il est par là même encore plus redoutable. En effet, si la pensée révolutionnaire s’élabore toujours dans des cercles peu connus, dans des cénacles obscurs, dans des officines secrètes, les moyens de diffusion ont été portés à des degrés de perfectionnement extraordinaires. Au XVIIIe siècle, le libelle circulait sous le manteau, grâce à la complicité d’un Malesherbes, mais ne touchait guère que les gens cultivés ; de nos jours, chaque chaumière reçoit, sans aucun DÉLAI, le mot d’ordre subversif, le mensonge officiel, l’ordure télévisée ; les tireurs de ficelles n’ont même pas besoin de faire appel à ces relais innombrables qui ont façonné l’opinion publique et transformé en vérités officielles les mensonges le plus grossiers. Pour plus de sûreté, ces relais sont plus actifs que jamais : nous ne manquons ni de clercs dévoyés, ni d’idiots utiles.

Un autre caractère propre à notre époque est le développement considérable du terrorisme, ce qui n’est concevable que dans une société déjà fortement décomposée. Il est impossible de comprendre l’action permanente de la « gauche » française (action que, bien à tord, nos chers modérés jugent aberrante), tant que l’on n’a pas compris ce qui est l’essence même du terrorisme : le rejet violent, la démolition délibérée et provocante des institutions les mieux établies, des canons les plus universels de la morale et de l’éthique, la haine viscérale de l’ordre, le refus de toute autorité -toutes idées qui étaient déjà infuses dans la vision romantique et qui ont peu à peu envahi notre univers. Entre l’assassin qui lance une bombe dans un super marché et le désaxé qui se déculotte en public, il n y a pas de différence de nature, mais simplement de degré. Lorsque M. Mitterrand déplore publiquement « la force injuste de la loi », pour soutenir les émeutiers calédoniens, il se comporte en terroriste et l’on ne doit pas être surpris des faveurs qu’il réserve à M. Lang, l’immortel fossoyeur du Palais Royal, un des terroristes les plus doués de sa génération. Avec MM. Arpaillange, Schwartzenberg et bien d’autres à leurs côtés, nous n’aurions que l’embarras du choix, si un prix devait être discerné au plus éminent terroriste de la gauche française.

De tous les terrorismes, le plus redoutable est à coup sûr le terrorisme intellectuel, parce qu’il impressionne moins l’opinion populaire. Or cette forme de terrorisme sévit, de nos jours, à un point tel que l’on peut, sans aucune exagération, affirmer l’existence d’un DÉLIT d’opinion, durement réprimé par nos lois, et que seuls quelques admirateurs crédules de la démocratie libérale peuvent croire incompatible avec l’esprit de cette institution. On rejoint ici, très directement, l’analyse de Barruel sur la propagation de la « philosophie des lumières » au XVIIIe siècle et sur le comportement agressif des « cacouacs ».

Aux jeunes gens soucieux de comprendre comment se prépare une révolution, je proposerais volontiers une étude comparée des journaux de notre temps et des récits de Barruel, complétés par l’analyse de Daménie : la campagne d’opinion contre Le Pen, l’O.P.A. des progressistes sur l’Eglise de France fournissent deux exemples bien caractéristiques des procédés révolutionnaires. Nos journalistes et nos clercs n’ont rien inventé ; ils n’ont fait que reprendre les méthodes éprouvés des encyclopédistes et des modernistes du siècle passé.

S’il est des maladies graves qui provoquent de forts accès de fièvre et qui inquiètent à juste titre les proches du malade, il en est d’autres qui ne sont moins redoutables quoique leurs effets soient plus lents et moins visibles. Le premier constat qu’il convient de faire, c’est que la société religieuse, comme la société civile, sont fort avancées dans une crise typiquement révolutionnaire et qu’il suffira, demain, d’une étincelle pour transformer le feu qui couve en un énorme brasier. Il serait insensé de le nier, hautement coupable de le reconnaitre sans entrer dans la lutte. Mais toute action qui n’est pas sous-tendue par une claire vision des enjeux et par une solide connaissance des méthodes de l’adversaire est vouée l’échec : si demain la « machine » de Cochin se met en mouvement, qui pourra l’enrayer, sinon ceux qui en connaissent bien les rouages ? A la veille du bicentenaire le plus sinistre de notre histoire, la réédition du petit livre de Louis Daménie doit donc être saluée comme une solide contribution au bien public ; puisse t-il éclairer tous ceux qui sont résolus à se croiser au service de la Contre-révolution.

JACQUES BOISLEVANT.

*La lecture du livre de Louis Daménie serait d’une grande utilité

La Révolution Phénomène divin, mécanisme social ou complot diabolique ?

Editions Dominique Martin Morin, Paris, 1988 (Troisième édition)

Cf. l’article de Mohammed MADJOUR IN http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/revolution-contre-revolution-163040 du 3 févier 2015 

Posté par jasonkreyasyon à 15:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 novembre 2014

Atelier de désintoxication

Ma Page se propose d’être  un Atelier  de désintoxication de la langue de bois c’est à dire un atelier ludique de réflexion collective sur les mots que nous utilisons au quotidien. Et plus précisément, ici, des mots liés d’une part, aux échanges journaliers - de l’autre, au langage  institutionnel et politique . Oui, tous ces mots qu’on ne sait plus trop définir si l’on commence à se pencher dessus. Par exemple : la démocratie. On en parle partout, on en met à toutes les sauces et on exige de nous de la mettre en œuvre, mais en fait, qu’est-ce que c’est ?  Réfléchissez  avec nous autour de ce mot pour tenter de nous réapproprier ces mots mais surtout les actions collectives et constructives qui découleront de cette réappropriation. Vérifions collectivement l’idée que nous ne sommes pas dupes individuellement.

Soignons nos maux par la connaissance des mots et mettons-les au service de l’action.

Si nous savions ce qu’est l’Illusion, nous saurions- par opposition ce qu’est la Vérité. Et la Vérité nous affranchirait (Jean, viii, 32)

903889349

Posté par jasonkreyasyon à 18:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]


20 novembre 2014

Insaisissable pouvoir local ou les errances de la décentralisation en Haïti par Muscadin Jean-Yves Jason

Liminaire

1987. 183 ans après  son indépendance, la République d’Haïti  par la promulgation d’une nouvelle constitution choisit de se démarquer théoriquement du mouvement centripète qui pousse vers la centralisation au profit du centrifuge ouvrant la voie à la décentralisation. En effet, dans la mouvance du départ du dictateur Jean Claude Duvalier  (régime fasciste) et le retour à la démocratie, cette démarche constitua un projet de réforme du système politique lequel visait essentiellement à un partage de compétences entre le pouvoir central et les pouvoirs locaux de sorte que le développement soit une démarche citoyenne et collective donc local. (1)

Des experts haïtiens et étrangers ont beaucoup théorisé sur cette orientation étatique engagée à l’origine dans un contexte de crise mais n’ont pas pu retrouver d’une manière non équivoque les voies qui ont été explorées jusqu’à présent pour faciliter la mise en pratique des prescrits constitutionnels. L’essence des textes disponibles fait référence à des blocages d’ordres économique, juridique, institutionnel, social et politique dans ce pays dit pauvre où la tradition remplace généralement la loi.  L’analyse du système politique régissant l’Etat traditionnel haïtien, permet aussi de comprendre que s’il fallait hiérarchiser les contraintes, les clauses politico-administratives laisseraient peu de place aux blocages susmentionnés.

Au départ, il est important de souligner que notre réflexion ne trouve pas de tracées significatives de la permanence pratique  d’une dualité politique haïtienne : « pouvoir central et pouvoirs locaux » mais plutôt une longue pratique de centralisation des pouvoirs au sommet et au sein de l’Exécutif. A ce sujet, dans une étude sur la problématique de la décentralisation  et réalités de collectivités, la Commission Nationale de la Réforme Administrative  résume magistralement  la situation en Haïti :

-la centralisation des pouvoirs au sommet de l’Exécutif, la concentration ;

-des services publics disponibles dans l’aire métropolitaine et dans les chefs-lieux de départements ;

-le mal fonctionnement de ces services et la perte de crédibilité et de légitimité de l’Etat. (1)

10427248_10152518789361958_3757771654942946774_n

dec

thdece

thfd

10372741_10152518789356958_4824019084175671626_n

Une tentative d’approcher le paradoxe des processus en cours démontre que l’hyper présidentialisme en Haïti ne laisse pas ou peu d’espace aux autres élus de la République. Le pouvoir traditionnel haïtien  vivra comme une véritable menace pour la survie de la « chefferie » la promulgation en 2006 des décrets fixant le cadre général de la décentralisation, de l’organisation et du fonctionnement des Collectivités territoriales haïtiennes, dans la perspective de la fourniture adéquate des services publics à la population, du développement local et de la démocratie participative ; l’organisation et le fonctionnement de la Collectivité municipale, dite Commune ou Municipalité ET sur les principes fondamentaux de gestion des emplois de la fonction publique territoriale et de ses établissements publics.(2)

La présente réflexion à partir de mon vécut en tant que maire pendant 5 ans de la Capitale d’Haïti (Port-au-Prince) tentera de rendre compte de la complexité de la fonction du maire, du conseil municipal et de la place réelle des élus locaux dans la construction  de la décentralisation. Il sera proposé comme trame de fond de notre analyse un tableau des relations entre le pouvoir central et le pouvoir local à propos de la mobilisation citoyenne, de l’allocation des ressources et de la représentation du politique. Une telle démarche semble assez pertinente pour apporter une contribution à la réflexion sur la problématique du développement local et le processus de décentralisation en Haïti. 

Etre un Elu local en Haïti ou l’axe présidentiel contre l’axe démocratique

Les décrets suscités venaient remettre à l’ordre du jour la problématique de la décentralisation au cœur du changement  qu’étaient censées amener les élections  présidentielles et parlementaires de 2005. Le président nouvellement élu prêta serment sur la Constitution le 7 février 2006 et déclara la mise en veilleuse  des dits décrets tout en « décidant quand nécessaire de leur mise en application ». Le parlement haïtien resta sans réaction parce que les députés commençaient à afficher leurs velléités à jouer le rôle des maires dans leurs communes. Ils semblent avoir oublié que la loi est la même pour tous sur tout le territoire national, assurant le caractère unique et indivisible de la République, participant de l’exigence de l’égalité des citoyens face à la loi. D’où leur slogan inique : « le pays peut fonctionner sans Elus locaux ! »

Mars 2007. Après maintes tergiversations, le pouvoir central est forcé par des manifestations populaires de proclamer les résultats des municipales. Le Parti Rassemblement des Citoyens Patriotes (R.C.P.), un parti de type nouveau (a vocation municipale) gagna les élections locales à Port-au-Prince à plus de 75 % (le Conseil municipal, les 2/3 des Conseils d’Assemblées des Sections Communales,  les 2/3 des Assemblées des Sections Communales et les 2/3 des Délégations de ville). Les Elus locaux dont moi, le maire élu de la capitale d’Haïti, sont « autorisés » à prêter serment par le Délégué Départemental de l’Exécutif non sans peine. Ce qui fit comprendre à ceux qui suivaient cette actualité que « cette réticence profilait l’affrontement de la légalité et de la légitimité et probablement l’obscurcissement de lisibilité de l’action publique ».

Faisant sienne la réflexion de André Stangennec expliquant : « qu’il est banal de répéter que nul pouvoir politique ne s’est jamais contenté d’exister en exerçant ses trois pouvoirs institutionnels – fussent-ils pleinement différenciés et articulés : légiférer, exécuter, sanctionner. Qu’il soit despotique ou républicain, qu’il soit totalitaire ou démocratique, un pouvoir cherche toujours à s’originer ou comme on dit à se fonder c’est à dire à fonder l’origine de sa possibilité (3) », le parti fixa la date d’investiture le 29 mars. Une date symbolique. Celle du vote massif de la Constitution de notre Pays  en 1987, fruit d’un besoin radical de démocratie parce qu’expliquant que des solutions pour une Autre Haïti existent et proposant des solutions qui constituent un programme pour construire un monde fondé sur des valeurs respectueuses des hommes et des femmes de notre société. Ces valeurs sont d’une part, la solidarité, l'égalité, l’équité et la liberté - de l’autre, celle de la Fondation du parti symbole de la rupture avec le vieil ordre.

La politique, conçue comme une activité, implique un discours rationnel, l’engagement public, l’exercice de la raison pratique et sa réalisation dans une activité à la fois partagée et participative. De la théorie à la pratique, le Programme du R.C.P, le parti susmentionné, affirma que la gestion de ses élus municipaux s’impliquera dans douze (12) dossiers fondamentaux : 1-la mise en place d’une administration municipale axée sur les résultats ; 2-la voie publique  et la salubrité de la ville ; 3-la culture ; 4-la sécurité publique ; 5-l’édifice de la mairie et son environnement ; 6-la démocratie municipale ; 7-la santé des citoyens ; 8-l’éducation ; 9-le sport ; 10-l’économie ;11-la lutte contre la corruption ; 12-La coopération décentralisée. Ce choix n’avait rien d’innovant puisqu’il est une prescription légale,  mais appliquée strictu sensu, elle écarte toute main mise du pouvoir central et permet au conseil municipal de fonctionner. En effet, Il offre la possibilité de mettre un frein à la vaste mise en scène des vrais maîtres de Port-au-Prince de pratiquer une politique de doublure.

Les errances de la décentralisation en Haïti

Pour bien comprendre le sort du pouvoir municipal, il faut cerner la vraie nature de l’Etat. En Haïti, l’exercice du pouvoir du maire ou du conseil municipal se heurte le plus souvent à une administration centrale, notamment les cabinets et les services centraux des ministères situés dans la capitale particulièrement du ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales qui n’accordaient guère une liberté d’action aux structures du pouvoir local. La conception de l’Etat de l’exercice des responsabilités au plan local, ne semblait pas favoriser la mise en place des structures d’un pouvoir local doté de réels pouvoirs. L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 rappelle que: «Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Donc, en recentrant l’attention sur la capacité du citoyen à construire les enjeux, le RCP via le conseil municipal l’invita également à s’identifier et à se réapproprier sa société et non plus à se voir dépassé par un système sur lequel il n’a que peu d’emprise. En d’autres mots, on socialisait et même on démocratisait l’identification des enjeux de société. Cela  amenait à repenser la démocratie, mais aussi le rôle des « couloirs d’information tels les conseils de quartiers, les assemblées délibératives etc. » Au lieu d’être des porte-étendards d’une pensée unique, ces espaces devenaient des facilitateurs de débats, permettaient l’émergence d’opinions plus diverses et donc favoriseraient d’une certaine manière une démocratie  participative. En ouvrant cette boite de pandore, la mairie devenait l’institution qui dérangeait parce que dénonçant cette forme d’interventionnisme du pouvoir central (empiétements, abus, dérives de toutes sortes) qui la reléguait au rang d’institution croupion bonne à servir de caisse à payer les chimères*** et  « spectatrice assistée heureuse » lors des inaugurations.

De 2007 à 2009, le pouvoir local à Port-au-Prince eut l’intelligence de l’événement partant de l’assertion de Serge Carfantan : « La légitimité du pouvoir n’est donc jamais définitivement acquise. Il ne faut pas non plus trop compter sur le système pour se réguler par lui-même. Il n'y a pas de système politique idéal. Un système ne vaut que ce que valent ceux qui le soutiennent. Le pouvoir peut toujours corrompre et la désaffection de la responsabilité peut aussi gangrener de l'intérieur les institutions.**** En effet, en cinq ans, le Conseil municipal du R.C.P. a pris le parti d’œuvrer  à la mise en place de structures durables et viables d’une part, dans la ville (la création du conseil de sécurité municipale ; la rédaction et l’application du Plan local d’Education et du Plan communal de gestion des risques et désastres ; la coopération décentralisée ; l’inscription aux associations internationales de maires et de villes ; l’intercommunalité ; l’identifier des « vrais pôles » d’investissement public municipal ; la constitution de l’Agenda citoyen; l’application de la loi via les décrets sur l’organisation de la commune et sur la décentralisation) – de l’autre, dans l’administration municipale (la mise en œuvre du manuel de gestion ; l’application du règlement intérieur du conseil municipal ; construction d’une administration basée sur les résultats ; un budget programme ; la réalisation de projets communaux via les conseils de quartier supportés par le budget participatif etc.). Le mandat populaire du maire du RCP lui ayant donné pour mission de « rendre l’État aux citoyens ». Il n’est pas étonnant que les choses se soient passées ainsi de 2007 à 2009 (Phase 1 de l’hyperprésidentialisme de Préval ) . La guerre.

Pour revenir au contexte de la lutte. Fils-Aimé : « Dans le contexte haïtien, le processus de décentralisation charrie tout un ensemble d’arguments revendicatifs ayant abouti à la refondation de l’État par une nouvelle Constitution en 1987 qui consacre la décentralisation effective comme mode de concertation et de participation de toute la population aux décisions majeures de la vie nationale. » Sachant que la démocratie participative ne se réduit pas à des procédures et, substantiellement, une grammaire de la liberté politique puisqu’elle établit les règles qui permettent à tous et à chacun de s’exprimer, la pragmatique administration municipale  intégra le mot d’ordre « pas de révérence au statu quo», même s’il  était clair  que « tout n’est pas possible à tout moment ».

Les aléas naturels à Port-au-Prince n’ont pas aidé à notre démarche de démocratisation de la démocratie [la capitale d’Haïti fut détruite par 3 cyclones, une émeute de la faim et un tremblement de terre (4)]. Ces événements ont permis au gouvernement central de résister aux avancées de la démocratie participative, de choisir de ne déléguer que quelques-unes de ses compétences à l’instance locale et d’affirmer en même temps qu’elle n’est  capable de les assumer. Le mal. A qui ? Le maire n’existant pas sinon qu’il se  contente    « d'inaugurer les chrysanthèmes ». N’empêche que le débat sur les rapports inter-institutions a été relancé, en particulier par le séisme du 12 janvier ainsi que par les initiatives d’Elus locaux.

Le tremblement de terre, une avancée démocratique? Par l’offre d’une nouvelle ville à vivre. Les propositions des bras techniques de la mairie de Port-au-Prince furent combattues par l’exécutif dirigé par les Présidents René Préval (2005-2010) et Michel Joseph Martelly (2011 à nos jours). Les projets municipaux validés par des arrêtés municipaux, que ce soit le Plan local d’urbanisme ou les schémas directeurs pour les quartiers les plus affectés par ce séisme qui détruisit Port-au-Prince à plus de 75 % et ou encore le schéma de cohérence territoriale pour la Région Métropolitaine de Port-au-Prince réalisé avec le concours de  l’Association des Maires de la dite région mis en veilleuse et  rejetés après la révocation illégale et inconstitutionnelle du maire de la capitale d’Haïti par le Président Martelly.

Quelle issue pour la décentralisation en Haïti ?

La réflexion sur Haïti a toujours eu beaucoup de difficultés à définir ce qu’était l’État et ce qui ne l’était pas. En fait, il semble que plus on s’intéresse en détail à une configuration politique particulière, plus il devient évident que les institutions politiques ont un caractère ambivalent ou clair-obscur (twilight). L’Etat se manifeste à travers de nombreuses institutions. Non seulement, il y a de nombreuses couches et segments dans chaque institution qui représentent l’Etat (la justice, l’administration territoriale, les municipalités, les douanes, la police, les agences de vulgarisation, etc.), avec des présences et des activités extrêmement variables, mais, en plus, les soi-disant institutions traditionnelles, renforcées par la reconnaissance étatique, rivalisent avec l’Etat pour représenter l’autorité publique.

Théoriquement : 1-Le maire est un politique qui « dirige une collectivité territoriale moyenne ayant personnalité morale et dotée de l’autonomie administrative et financière. » (article 2). Son  patrimoine est distinct de celui de l’Etat et des autres Collectivités territoriales. ( article 2-2.) »; 2-Le maire est un élu disposant d’un pouvoir qui prend en charge tous les aspects de la vie citoyenne et reposant sur le concept de l’Etat moderne lequel se socle sur une théorie de la police (1); 3-Le maire en tant que décideur doit savoir trouver les voies et moyens de la maitrise institutionnelle du développement, et donc faire, la dissociation du pouvoir de l’Etat et de l’acte de gouverner la ville.

Pratiquement : 1-Le maire qui dirige la capitale ou une ville éloignée de ce centre névralgique du «vrai pouvoir» se dit frustré de la domination du pouvoir central. Les relations avec l’administration centrale et le MICT en particulier sont équivoques. L’attitude gouvernementale à l’égard du maire oscille constamment entre la réduction de son pouvoir – par exemple en limitant sa fonction sur la question du balayage de la ville –, et (s’il est un proche du pouvoir), il est autorisé à de petits travaux de renforcement qui le mettent au centre de la construction politique locale. 2-Un registre comparable. Lund constate  que « le fait de détenir une autorité sur une base légale n’est, certes pas, sans importance dans le processus d’exercice local du pouvoir – être reconnu de jure par d’autres institutions n’est pas négligeable –, mais cela ne constitue pas une garantie permanente, et n’est pas un prérequis indispensable pour exercer l’autorité. En fait, il semble qu’il y ait une grande variété d’institutions, étatiques ou non, qui soient à même de définir des décisions collectives contraignantes pour les membres de la société au nom de l’intérêt général, c’est-à-dire de se constituer elles-mêmes en autorité publique de facto, avec un succès certes variable. L’élément décisif, c’est que l’autorité publique n’est jamais acquise une fois pour toutes » (5). Le maire a beaucoup d’attributions mais pas assez de prérogatives. Il est comme un pompier - quand il s’agit de gérer les projets d’infrastructure ou de sécurité, par exemple, il n’a aucun mot à dire, mais quand il s’agit de gérer les problèmes quotidiens des citoyens, c’est lui qu’on désigne. Le maire est donc le premier qui accuse le coup du manque de confiance.

Encore une fois, cela rejoint la question du pouvoir, son organisation et son exercice. Dans un souci de clarification du champ opérationnel du fait du prince, de recenser les principales caractéristiques de la gouvernance publique, interrogeons-nous sur sa portée, ses limites, son évolution. La frénésie du tout pouvoir constituant l’ouverture d’une véritable boite de pandore parce que pour le prince, il doit diriger les  institutions porteuses ou en charge de la gouvernance urbaine. Le prince c’est l’Etat. Son pouvoir d’Etat lui fait élaborer ou admettre les lois lesquelles constituent le commencement de toute vie sociale. Son pouvoir lui permet aussi de distribuer des compétences à des autorités qui mettront en œuvre la législation. Le prince s’impose de manière unilatérale aux gouverneurs et aux gouvernés en tant que prescripteur de droit. Personne ne peut lui faire face puisqu’il exerce la tutelle*****. 

Que faire ?

Des analystes avaient approchés le tremblement de terre du 12 janvier 2010 comme une possibilité de re-fonder Haïti et de se projeter dans l’avenir à partir de l’orientation : «  reconstruire par la décentralisation ». « En raison de leur proximité avec les habitants, de leur connaissance des problèmes quotidiens, mais aussi des demandes des déplacés, les collectivités territoriales ont une capacité de mobilisation et de dynamisation des habitants. Institutions publiques, elles bénéficient de la durée pour agir et d'un statut qui peut en faire, au niveau local, des interlocuteurs des pouvoirs publics centraux dans la conduite des actions. » [Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement (GAFE)] (6). Malgré toute la dense littérature et la déferlante d’experts théorisant les deux thèmes, les tenants du statu quo se sont refusés à toute avancée pour cerner la justesse de cette nouvelle architecture institutionnelle. Cette attitude est d’une part, une sorte de déviance oligarchique de la démocratie, dont les effets sont sensibles au niveau des collectivités locales. De l’autre, l’affichage d’une intransigeance quasi idéologique du pouvoir central dans son refus de reconnaître officiellement les pouvoirs locaux.  

Que faire pour la mise en œuvre de la « décentralisation effective », cet incontournable garanti par la Constitution de 1987 ? Les jeux sont-ils faits ? Borgetto Michel : « Le grand jeu de la décentralisation a ses mystères … Mais comme beaucoup de jeux, il n’est pas inutile d’en connaître et d’en rationaliser les règles : faute de quoi, le risque est grand que d’aucuns soient conduits à ne plus y voir qu’un simple jeu de hasard... » (7) .

Le propre de la République est de servir l’intérêt général. Il faudra aux Représentants de l’État (les trois pouvoirs et la société civile) se mobiliser pour établir les modalités de fonctionnement démocratique de l’Etat et  démontrer qu’ils sont en mesure d’assumer leurs responsabilités par des actions concrètes, concertées, harmonisées et qui s’inscrivent dans la durée entre les partenaires, s’imposent en vue d’un mieux être des haïtiens et d’une meilleure sécurité pour tous. En effet, les grandes lignes d’une méthode de gestion et de pilotage des territoires fondée sur l’approche des proximités peut constituer un des paramètres  pour guérir cet Etat malade du changement. Car la décentralisation est une question hautement politique.

Notes

(1) Edy Fils-Aimé dans un article publié dans Le Matin du 24 aout 2012 intitulé Misère de la décentralisation en Haïti cadre ainsi le sujet : « La Constitution de 1987 vient donc révolutionner l'organisation et le fonctionnement de l'État haïtien en établissant la décentralisation comme réponse institutionnelle et politique à la dictature, au manque de services publics et à la misère aux recoins du pays. »

(1) Commission Nationale de la Réforme Administrative (CNRA), Problématique de la décentralisation  et réalités de collectivités, Port-au-Prince, mars 2002.

(2) Ces décrets ont été promulgués les 1er et 2 février 2006 par le gouvernement de transition  Alexendre-Latortue avant de remettre le pouvoir au président élu René Préval le 7 février 2006.

(3) Stangennec André, Possibilité, Pouvoir, Puissance : Qu’est ce qu’un vrai pouvoir. Conférence du 31 janvier 2003 donnée dans le cadre des Escales Philosophiques a l’Ecole de Commerce de Nantes

*L. Pints, Pierre Bourdieu et la théorie du monde social, Paris, Editions du Seuil, 1998, pp 84

** Constitution de la République d’Haïti de 1987

***Serge Carfantan, Philosophie et spiritualité (2002)  cf. http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/pouvoir1.htm

****Les chimères sont les hommes de main du pouvoir central

(4) Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre situé à 7.0 sur l’échelle de Ritcher détruit une partie d’Haïti et fait près de 300.000.00 morts. L’échelle des destructions au niveau de la capitale même atteint 8 sur l’échelle de Mercalli. La zone la plus soumise aux destructions atteint 10 (sur 12 degrés dans l’échelle) ; cette zone est située sur la côte bordant le golfe de la Gonâve, à l’ouest de Port-au-Prince, et au nord-ouest de l’épicentre du séisme ; 1,9 million d’habitants vivent dans la zone de degré 8 des destructions.

Alors que de nombreuses habitations modestes se sont effondrées, d’autres édifices gouvernementaux de construction plus solide sont détruits dont l’Hôtel de ville de Port-au-Prince. Pour mieux apprécier les impacts humains, sur les infrastructures, sur l’environnement et l’économie  Cf. dossier préparé en 2010 par le gouvernement de la République d’Haïti avec l’appui de la Banque Mondiale, de la Banque Interaméricaine de Développement, du système des Nations Unies et de la Commission Européenne intitulé Haïti : Résumé du PDNA du tremblement de terre. Evaluation sectorielle des dommages, des pertes et des besoins

 (5)Références tirées de mon livre en préparation TRacéEs, Le flux de la marée T1

*****Un cas d’espèce : Louis XI en France généralisait les chartes et... mettait les villes sous tutelle. Ainsi, pouvoir central, pouvoirs locaux étaient la résultante des rapports de forces entre les différentes classes sociales en présence. Le roi s’appuyait sur la bourgeoisie contre les grands féodaux au point de lui concéder des pouvoirs locaux, communaux en l’occurrence, tout en cherchant cependant à contrôler ces pouvoirs locaux, à les mettre en tutelle.

(6) Haïti: De la reconstruction par la décentralisation  de 
gafe_haiti@yahoo.fr in  http://www.collectif-haiti.fr du 18 septembre 2010 cf aussi Deshommes Fritz, Décentralisation et Collectivités Territoriales en Haïti, Ed. Cahiers Universitaires, Port-au-Prince, 2004.

(7) Borgetto Michel, « Les enjeux de la décentralisation en matière sociale », Informations sociales 1/ 2005 (n° 121), p. 6-16

NB Cet article de Muscadin Jean-Yves Jason, Du concept au concret. Insaisissable pouvoir local ou les errances de la décentralisation en Haïti a été publié dans le # 3 de la revue de l'AIMF, Raisonnance intitulé POUVOIRS (octobre 2014), pp40-45. Pour accéder à la revue aller à http://aimf.asso.fr/RaisonnanceN3/#/1/

 

 

Posté par jasonkreyasyon à 16:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 septembre 2014

Rentree scolaire en Haiti 2014-2015 : Sortir de l'inégalité !

L’égalité d’éducation par Jules Ferry

thzzzzzqqqq

thxxxxccc

thvvvvb

tholkoplkj

thmmmmmnn

 1-Ma prétention est de vous montrer que l’égalité d’éducation n’est pas une utopie ; que c’est un principe ; qu’en droit, elle est incontestable et qu’en pratique cette utopie apparente est dans l’ordre des choses possibles.

2-Qu’est-ce d’abord que l’égalité ? C’est la loi même du progrès humain ! c’est un fait social, c’est l’essence même et la légitimité de la société à laquelle nous appartenons. En effet, la société humaine n’a qu’une fin dernière : atténuer de plus en plus, à travers les âges, les inégalités primitives données par la nature.

3-Notre siècle peut se dire à lui-même qu’il est un grand siècle. Nous ne sommes pas une société en décadence parce que nous sommes une société démocratique ; nous avons fait ces deux grandes choses : nous avons affranchi le droit de vote et le droit au travail. Mais nous sommes un grand siècle à la condition de bien connaître quelle est la mission de notre siècle. L’œuvre de notre temps est une œuvre pacifique, généreuse : faire disparaître la dernière, la plus redoutable des inégalités qui viennent de la naissance, l’inégalité d’éducation. […] 

4-L’inégalité d’éducation est, en effet, un des résultats les plus criants et les plus fâcheux, au point de vue social, du hasard de la naissance. Avec l’inégalité d’éducation, je vous défie d’avoir jamais l’égalité des droits, non l’égalité théorique mais l’égalité réelle, et l’égalité des droits est pourtant le fond même et l’essence de la démocratie.

 5-Imaginons un état de choses où la fatalité de l’ignorance s’ajouterait nécessairement à la fatalité de la pauvreté, une situation dans laquelle la science serait le privilège exclusif de la fortune. Cette situation extrême, c’est le régime des castes qui faisait de la science l’apanage exclusif de certaines classes. Et si la société moderne n’avisait pas à séparer l’éducation de la fortune, c’est-à-dire du hasard de la naissance, elle retournerait tout simplement au régime des castes. 

6-Dans une société qui s’est donné pour tâche de fonder la liberté, il y a une grande nécessité de supprimer les distinctions de classes. Or, dans la société actuelle il y en a une qui est fondamentale, et d’autant plus difficile à déraciner : c’est la distinction entre ceux qui ont reçu l’éducation et ceux qui ne l’ont point reçue. Je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, animée de cet esprit d’ensemble et de cette confraternité d’idées qui font la force des vraies démocraties si, entre ces deux classes, il n’y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école.

Référence électronique

Jules Ferry, « L’égalité d’éducation », revue Agone, 29-30 | 2003, [En ligne], mis en ligne le 06 novembre 2008. URL : http://revueagone.revues.org/307. Consulté le 05 septembre 2014. DOI : 10.4000/revueagone.307

Posté par jasonkreyasyon à 16:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 septembre 2014

Mensonges d'État ou État à l'état de mensonge

875612161

875612162

875612163

Le mensonge est l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité. Le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire croire ou faire faire à l'autre ce qu'il n'aurait pas cru ou fait, s'il avait su la vérité. En général, le mensonge s'oppose à la véracité (le fait de dire le vrai), à la sincérité ou à la franchise.

 

Representants du statu quo, le peuple est conscient que la vérité était toujours absente de vos étalages politiques, de vos pensées et de vos dires et que vos slogans représentent des tableaux vides de vie et de sens, ils constituent de simples citations humoristiques.

Posté par jasonkreyasyon à 05:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 juillet 2014

Feuille de route

Femme-tribu

feu

Sonj

regard1

Posté par jasonkreyasyon à 18:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Pour clore la Coupe du monde de football de 2014

Quelques considérations

      -Dans cette Coupe du monde, on n a beaucoup cherché un enganche. L’enganche, c’est le leader technique qui brille et surtout fait briller, c’est le magicien du milieu de terrain, celui qui transforme le football en poésie;

-La sélection nationale qui avait un projet de jeu a gagné. Comme un symbole, les deux géants sud-américains et terres des enganche que sont le Brésil et l'Argentine ont perdu la Coupe du Monde de la même manière: en s’en remettant à deux individualités qui ne sont pas au service d’un collectif. La première, Neymar, a disparu sur blessure et son équipe a coulé; la seconde, Messi, a déçu au moment décisif et son équipe a perdu. Et toutes deux face à une formation allemande devenue l’un des derniers défenseurs européens d’un football collectif. Une équipe allemande qui ne se retrouve pas personnifiée par un joueur de foot, mais qui est une association de footballeurs;

-La FIFA a réaffirmé son emprise sur le football. Ce sport ou encore cet  art collectif est victime de cette dictature du spectacle qui a pris le pas sur la beauté du jeu. Et comme toute dictature, il cherche ses Stakhanov et prône le culte de la personnalité;

-Quatre milliards d'euros et des poussières. C'est le montant des recettes qu’a généré le Mondial 2014... La FIFA ou le gouvernement du football sait exactement comment rendre la Coupe du monde lucrative, avec tous les sponsors et annonceurs qui sont prêts à dépenser des fortunes pour profiter de la visibilité qu'offre cet évènement. Des problèmes économiques et sociaux seront le lot du Brésil qui a dépensé plus de 11 milliards d’euros pour héberger cette coupe du monde et vivre avec un espoir de croissance de 0.4% jusqu’en 2019. Il faut reconnaître que cet événement donnera une visibilité certaine au Brésil et l’investissement consenti aidera à améliorer la mobilité urbaine dans les grandes villes brésiliennes. Une question : «Les méga événements valent-ils vraiment  la peine ?»

-La haute finance internationale via le président de l'UEFA, Michel Platini, candidat à la présidence de la FIFA avait, il y a un mois, appelé les Brésiliens dans les rues à "se calmer" et à "attendre un mois" avant de revendiquer. Autre, l’atypisme de sa réinterprétation  de la notion de trêve olympique, sa démarche est la preuve que le monde des oppresseurs ne comprendra jamais rien des droits de l’homme. En effet, cet appel de Platini trahissait certainement autant son inconcevable désinvolture que la crainte de ses pairs de voir leur événement "gâché" par l'effervescence sociale, manifestations, grèves, occupations, actions virales…

-Haïti s’était mobilisée aussi en mettant en valeur ses brésiliens,  argentins, allemands, hollandais, français et espagnols. Un pays qui compense ses manques (identitaire, social, politique, économique) par un attachement viscéral à une sélection nationale étrangère de football ou à une sélection de 1974 ayant participé à une coupe du monde. Des puristes du changement disait qu’:« Il n'y a strictement aucune raison qu'une compétition de football prenne le pas sur les urgences sociales et politiques d'un pays, à plus forte raison qu’en Haïti, le football est devenu un lieu d’anti jeu. Un espace de la permanence de la corruption, l'indécence du ralliement des clubs à l’injouable. Il n’en a rien été. Il y a eu des manifestations d’amour des brésiliens,  argentins, allemands, hollandais, français et espagnols pour leurs sélections et leurs joueurs (Messi, Neymar, Muller, Ronaldo, Benzema, Robben …). La finale opposant l’Allemagne et l’Argentine a fait la démonstration de la prise en charge par la haine de notre bassin de vie en mettant en valeur la fonction du cafard (mon équipe nationale peut gagner la coupe du monde même si elle ne la remporte pas parce que c’est mon ennemi-adversaire qui ne doit pas la gagner). J.L. Borges disait que : « l'origine d'une haine, comme la naissance d'autres passions, est toujours mystérieuse.”

-Qu’ont gagne les champions allemands ? Notoriété, plaisir, contrats de toute sorte et la rondelette somme de 35.000.000.00 d’euros. Qu’a vraiment gagné Haïti ? Rien ? Pas tout a fait. Le titre de pays pirate et de violeur du droit d’auteur en retransmettant sur toutes les chaines de radio et de télé des  matchs sans autorisation de la FIFA. Tout le monde ou presque était content – enfin, on était d’accord sur quelque chose. Le pouvoir en place a partir des fonds du trésor public a paye $ 400.000.00 US pour  la diffusion de la finale pour donner un peu d’air au président Martelly et certains ses bandits légaux en visite privée au stade Maracana. Les roses ont gagne beaucoup d’argent en sous-traitance, un sursis dans le cadre des manifestations populaires et filent « tèt dwat » vers le but, le  carnaval des fleurs 2014. Encore une fois, les haïtiens répondront présents en soutenant Djakout contre T-Vice, Kreyol la contre Carimi etc…

-Les perdants. Les partis de l’alternance politique et les organisations sociales revendicatives qui ont décidé de capituler avec les « haïtiens drogués » (par une coupe du monde devenue un cirque mené de mains de maîtres par la FIFA) devant le dogme du sport roi qu’il faut applaudir sans retenu ni conscience, la prédation des décideurs du pays et les intérêts des lobbies financiers. L’abandon au fatalisme ou au cynisme en même temps qu'à l'impuissance politique a fait la partie belle à la politique de l’autruche (Cette expression rappelle la légende selon laquelle les autruches s'enfouissent la tête dans le sable lorsqu'elles ont peur, ce qui leur évite de voir ce qui les menace. "Appliquer la politique de l'autruche" signifie donc que l'on refuse de voir le danger là où il est). Notre pays a déjà payé une très lourde facture en l’appliquant et la leçon n’a pas encore été comprise.

-Que faire ?

=- Instaurer de nouvelles pratiques politiques, « plus de langue de bois ! »

=Se hisser au niveau de la bataille idéologique par la recomposition politique car Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience       (J. Jaurès) ;

=Se battre pour sortir du système, sans en créer un autre aussi monstrueux; en fait tout système basée sur l’autorité est voué à la corruption, ce n’est qu’une question de temps et donc arrêter de le cautionner et en sortir par le mode de l’auto-gestion –donc, par la démocratie participative. Il faut comprendre et faire comprendre aux masses que l’appareil d’état en Haïti n’est que l’outil de la centralisation qui assure une cohérence du système en dominant de manière centralisée l’ensemble de la société. Ceci est donc le verrou qu’il faut faire sauter au moyen de l’autogestion, de la fédération des associations libres de citoyens non inféodées au statu quo et de mesures d’action directe.

=Mobiliser les forces sociales vives, dynamiques, qui n’œuvrent que pour le bien commun.

=Construire une conscience sociale et politique - ce qui nous amènera à la renaissance du désir de lutter, de nous révolter contre l’injustice et l’absolutisme fabriqué de toute pièce et imposé à nos consciences par une cabale de parasites, passée maîtresse avec le temps, en ingénierie sociale à son seul profit.

En conclusion, reprenons et revisitons la pensée de Pierre Kropotkine en 1882  dans le journal “Le révolté” qu’il créa, à propos de la Commune de Paris réprimée dans un bain de sang par une république dite “modérée”:

 

“Lors de la prochaine révolution, le peuple saura ce qu’il a à faire, il saura ce qui l’attend s’il ne remporte pas une victoire décisive et il agira en conséquence… Après avoir donné un bon coup de balais aux parasites qui le rongent, il s’emparera lui-même de toute la richesse sociale pour la mettre en commun selon les principes du respect de l’intérêt commun et lorsqu’il aura aboli complètement la corruption, il se constituera librement selon les nécessités qui lui seront dictées par la vie elle-même. Brisant ses chaînes et renversant ses idoles, notre pays marchera alors vers un meilleur avenir, ne connaissant plus ni maîtres, ni esclaves, ne gardant de la vénération que pour les nobles martyrs qui ont payés de leur sang et de leurs souffrances les premières tentatives d’émancipation, qui nous ont éclairées dans notre marche vers la conquête de la liberté.”

 

Posté par jasonkreyasyon à 18:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 juillet 2014

Le procès de Socrate : un procès contre la pensée ?

Les Athéniens refont le procès de Socrate

"Nous parlons ici de démocratie vs oligarchie, de liberté d'expression en temps de crise nationale, de la sagesse des électeurs": près de 2.500 ans après la condamnation de Socrate pour avoir défié

sth

soc

thsoc

thsoc1

dieux et lois de la cité, Athènes a rejugé le philosophe: Acquitté. Lors de ce procès truculent et anachronique aux échos profondément actuels, ces thèmes ont été âprement débattus, comme s'en réjouissait à l'avance Loretta Preska, juge new-yorkaise devenue le temps d'une audience "présidente du tribunal".

En -399 avant JC, Socrate s'était défendu lui-même devant une assistance uniquement masculine de 500 Athéniens, citoyens, juges et jurés. En son absence, deux avocats l'ont représenté devant 10 juges internationaux. Cinq ont penché pour la culpabilité, cinq contre. Socrate était-il coupable de non respect des dieux de la cité, introduction de nouvelles croyances et corruption de la jeunesse? "Une opinion n'est pas un délit. Socrate cherchait la vérité", a plaidé pour la défense Patrick Simon.

"Mon client a un défaut: il aime se moquer et exercer une ironie féroce. Mais je vous abjure de ne pas tomber dans son piège qui consiste à discréditer la démocratie. En l'acquittant, vous montrerez la fiabilité et la solidité de la démocratie", a-t-il lancé tout en verve aux juges et aux 800 spectateurs.

Traître pour les uns, maître spirituel pour d'autres, Socrate dénonçait la doxa, l'opinion courante, amenant à force de questions les esprits de ses interlocuteurs à accoucher des pensées qu'ils contenaient déjà. Son enseignement, non écrit et préservé surtout par son disciple Platon, questionnait des concepts sensibles tels que la politique et la morale, ce qui lui valut de nombreux ennemis.

Cf.  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/25/97001  20120525FILWWW00727-les-atheniens-refont-le-proces-de-socrate.php

FICHE PROCES DE SOCRATE

GENERALITES : CONTEXTE HISTORIQUE ET PROCEDURE JUDICIAIRE

CADRE HISTORIQUE :

Contexte de crise : la cité d’Athènes est en crise :

1.Crise morale : Athènes a perdu la guerre du Péloponnèse contre Sparte. La cité perd ses possessions territoriales hors de l’Attique. La peste a frappé mortellement Athènes. On attribue la défaite à la perte des valeurs traditionnelles. Socrate a été hoplite durant la guerre.

2.Crise démographique : La guerre et la peste ont fait périr le quart de la population d’Athènes.

3.Crise financière : Les campagnes de l’Attique ont été ravagées par les razzias des Spartiates.

Contexte culturel :

1.Critique de Socrate par le théâtre : La pièce comique Les Nuées d’Aristophane parodie Socrate comme un « aérosophe », un sage perdu dans les nuages. Pour Aristophane Socrate est un sophiste qui enseigne aux jeunes gens à justifier irrespect et brutalité envers leurs parents.

Traduction des Nuées : http://remacle.org/bloodwolf/comediens/Aristophane/nuees.htm

2.Les sophistes sont des professionnels du discours qui ont mauvaises réputations. Socrate est parfois considéré comme l’un d’eux car il interroge les citoyens d’Athènes.

Contexte judiciaire :

1.Procès des amiraux (407-406 av.) : les amiraux athéniens victorieux lors de la bataille des Arginuses sont empêchés par une tempêtes de recueillir les corps des naufragés. Ils sont jugés et condamnés à mort. Socrate s’est opposé au jugement collectif des amiraux, voulant le respect des pratiques judiciaires (jugement un par un).

2.Scandale des Hermocopides : des statues sacrées ont été mutilées par des fêtards menés par Alcibiade, jeune homme riche et talentueux, disciple de Socrate.

3.Procès d’Anaxagore : ce philosophe et astronome est l’ami de Périclès. Anaxagore est accusé d’impiété à cause de se théories astronomiques et pour faire du tort politiquement à Périclès. 

 

 

Posté par jasonkreyasyon à 20:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 décembre 2013

Agir

Dessalines

Il faut changer d’esprit, croire à la naissance d’un autre monde et surtout s’y employer. En effet, il s'agit de construire la liberté par la bonne société comme l'avait compris le plus grand Révolutionnaire de tous les temps, Jean Jacques Dessalines.

Posté par jasonkreyasyon à 02:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 novembre 2013

Appel aux Haïtiens et Haïtiennes

Dessalines

Sonia Pierre - Dominican Republic seule

hispaniola

ayisyen yo touye nan RD

En HOMMAGE à l'Empereur Jean Jacques Dessalines et à la Militante Sonia Pierre

Appel aux Haïtiens et Haïtiennes

HAITI doit protéger les haïtiens qui vivent en République dominicaine et veiller sur la vie des dominicains d’origine haïtienne qui font aujourd’hui l’objet de dénationalisation dans leur propre pays parce que selon l’Elite réactionnaire dominicaine ils représentent un danger pour la « dominicanité » ;

HAITI doit accompagner d’une manière organisée et ferme cette diaspora confrontée constamment à des cas de violations de droits humains, de rapatriements massifs, de violences de type xénophobe et de discrimination raciale ;

HAITI doit être diplomatiquement mieux représentée et sortir de la diplomatie d’affairistes;

HAITI doit dénoncer la politique terroriste et raciste pratiquée par le gouvernement dominicain qui dispense une éducation  anti-démocratique et d´intolérance à la jeunesse dominicaine et dans ses institutions;

HAITI doit sortir de la gestion contradictoire de la crise haitiano-dominicaine ;

HAITI doit demander des comptes à son gouvernement aujourd’hui pour le profil bas adopté depuis le déclenchement des hostilités par la République voisine. Car son attitude face aux enfants du pays est irresponsable. Maintenir de bonnes relations avec le gouvernement dominicain, co-habitant avec des secteurs anti-haïtiens, équivaudrait à prendre position contre nous-mêmes ;

HAITI doit exiger le respect des  lois internationales pour vivre DIGNEMENT, en PAIX, avec LIBERTÉ, FRATERNITÉ, ÉGALITÉ, et SOLIDARITÉ.

HAITIENS, HAITIENNES,
Réveillons-nous, car si nous laissons faire, nous allons très vite, nous retrouver dans une situation irréversible pour notre avenir et l’avenir de nos enfants et petits-enfants.


C’est maintenant qu’il faut Réagir et Agir ! Toutes et tous ensemble nous le pouvons.
Demain, ce sera trop tard !

Posté par jasonkreyasyon à 19:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 novembre 2013

L'ART

3quand-le-street-art-se-met-au-vert-et-se-mele-a-la-nature-23

Il apparaît donc normal et inévitable, si l'humain est amené à saisir quatre relations paradoxales simultanées qui interfèrent entre elles afin de comprendre ce qu'il en est de lui et de sa relation à son groupe, que, pour mieux saisir ces relations, et pour les objectiver sur un support permanent qui laisse une trace commode à manier et à perfectionner, et qui permette en outre de confronter ses trouvailles à celle des autres humains, il se mette à utiliser des relations de formes, dès lors que les relations de mots se montrent inadaptées et insuffisamment pratiques.


Ces relations de formes, qu'il a commencé à utiliser de façon régulière il y a donc au moins quarante mille ans environ, nous avons de nos jours coutume de l'appeler l'art.


Il ne s'agit pas d'esthétique. Il ne s'agit pas d'expression symbolique. Il ne s'agit pas de représenter la nature d'une façon plus ou moins réaliste ou plus ou moins habile. Il s'agit de saisir, à l'aide de relations de formes et de couleurs, les relations paradoxales que chaque humain entretient avec les autres humains et avec l'univers entier, les relations qu'il est indispensable de saisir pour se construire et pour tenir en tant que personnalité humaine, et qu'il n'est pas possible de dire, ni même de penser commodément, à l'aide des relations entre les mots que l'on appelle le langage.

Posté par jasonkreyasyon à 13:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 novembre 2013

Qu'est ce que vivre ?

Vivre-en-pleine-conscience_imagePanoramique500_220

Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société.

La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion.

Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver.

Il s’agit d’un état d’une nature simple :

J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien.

Je suis relié, conscient et heureux de l’être.

C’est là que se pose la question fondamentale : qu’est-ce que vivre ?

Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable.

Le temps-argent, le temps-production, le temps sportif où l’on est prêt à faire exploser son cœur et ses poumons pour un centième de seconde… tout cela est bien étrange.

Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe, celui qu’il faut gagner, nos véhicules, nos avions, nos ordinateurs nous font oublier

que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons.

Nos cadences cardiaques et respiratoires devraient nous rappeler à chaque seconde que nous sommes réglés sur le rythme de l’univers.

L’intelligence collective existe-t-elle vraiment ?

Je l’ignore mais je tiens pour ma part à me relier sur ce qui me parait moins déterminé par la subjectivité et la peur, à savoir l’intelligence universelle.

Cette intelligence qui ne semble pas chargée des tourments de l’humanité, cette intelligence qui régit à la fois le macrocosme et le microcosme et que je pressens dans la moindre petite graine de plante, comme dans les grands processus et manifestations de la vie.

Face à l’immensité de ce mystère, j’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement.

La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer, de consommer pour produire ou de tourner comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale.

C’est pourtant à cela que nous réduit cette stupide civilisation où l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir.

Des milliards d'une quelconque forte monnaie du monde sont impuissants à nous donner la joie, ce bien immatériel que nous recherchons tous, consciemment ou non, car il représente le bien suprême, à savoir la pleine satisfaction d’exister.

Si nous arrivions à cet enchantement, nous créerions une symphonie et une vibration générales.

Croyants ou non, nous y trouverions tous notre compte et nous aurions aboli les clivages pour l’unité suprême à laquelle l’intelligence nous invite.

Prétendre que l’on génère l’enchantement serait vaniteux.

En revanche, il faut se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation.

Ne serait-ce pas là la plénitude de la vie ?

Posté par jasonkreyasyon à 01:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 novembre 2013

La fable du « Maître singe »

fk3

 Une parabole chinoise de Liu-Ji, datant du 14ème siècle, illustre bien cette lecture négligée du pouvoir politique : Dans l’État féodal de Chu, un vieillard survivait en gardant des singes à son service. Les gens l’appelaient « Ju gong » (Maître singe).

Chaque matin, le vieil homme rassemblait les singes dans sa cour et donnait l’ordre à l’aîné d’emmener les autres dans la montagne ramasser des fruits sur les arbres et dans les buissons. La règle exigeait que chaque singe donne le dixième de sa récolte au vieillard, et ceux qui ne le faisaient pas étaient violemment fouettés. Tous les singes en souffraient mais n’osaient s’en plaindre.

Un jour, un jeune singe s’adressa aux autres : « Le vieil homme a-t-il planté tous les fruitiers et buissons ? »

Les autres répondirent : « Non, ils ont poussé naturellement. »

Le jeune singe insista : « Ne pouvons-nous pas prendre les fruits sans la permission du vieil homme ? »

Les autres répondirent : « Si, nous pouvons tous le faire. »

Le jeune singe continua : « Alors pourquoi devons-nous dépendre du vieil homme ; pourquoi devons-nous tous le servir ? »

Avant que le petit singe ne finisse sa phrase, tous les autres avaient compris et s’éveillaient. La nuit même, s’assurant que le vieil homme était endormi, les singes détruisirent l’enclos dans lequel ils étaient confinés. Ils prirent les fruits que le vieil homme avait emmagasinés et les emportèrent dans la forêt pour ne jamais en revenir. Le vieil homme finit par mourir de faim.

Yu-zu-li conclut : « Certains hommes, dans le monde, dominent leur peuple par l’imposture et non pas par la justice. Ne sont-ils pas comme le Maître singe ? Ils ne se rendent pas compte de leur confusion d’esprit. Dès que leur peuple comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent plus. »

Posté par jasonkreyasyon à 20:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Idées fausses et idées réelles

democratie-francaise-suite

« Le drame est que les idées fausses sont en même temps des idées réelles, qui disposent de la réalité idéologique, laquelle est en même temps une réalité sociologique. Nous devons donc savoir qu’une idéologie même aberrante constitue une dimension de la réalité dès lors qu’elle est tenue pour vraie par une collectivité humaine, et surtout lorsqu’elle devient l’idéologie d’un Etat. Disposant dès lors de la loi, de la police et de l’armée, l’idéologie devient une force réelle capable de contraindre le réel, voire de le mettre en esclavage.
Nous sommes aujourd’hui en un temps hagard où l’on sait que quelque chose est malade dans la relation entre l’idéologie et le réel. Est-ce l’idéologie? Est-ce le réel? Mais quelle entreprise énorme de repenser l’idéologie...! Ne suffit-il pas de la troquer contre une autre, une ancienne, apparemment plus résistante, contenant éventuellement le Bon Dieu comme consolation? Ou bien sombrer dans cette idéologie sommaire, cette version dégradée du nihilisme, qu’est le je-m’enfichisme? » Edgard Morin

Posté par jasonkreyasyon à 03:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 novembre 2013

CRISES

20090218_crise

CRISE : Etymologie : du latin crisis, manifestation grave d'une maladie, issu du grec krisis, décision, jugement. La crise est une rupture d'équilibre.

Les crises sont fréquemment perçues comme le point de départ d’une dynamique de déstabilisation alors qu’elles devraient être aussi considérées comme le point d’arrivée d’une longue période de vulnérabilité entretenue par des mécanismes organisationnels précis. Une crise résulte toujours de deux phénomènes cumulatifs combinés : un processus d’accumulation de fragilités et un processus d’ignorance managériale sur ces fragilités. Les crises ne doivent pas être conçues seulement comme des événements d’exception dont le caractère improbable les rendrait difficilement compréhensibles, mais aussi comme des processus longs prenant racine dans le fonctionnement quotidien des organisations ou d'un pays.

En politique, on distingue la crise institutionnelle pouvant déboucher sur une nouvelle forme de régime politique avec changement de Constitution, de la crise de régime pouvant provoquer une alternance de gouvernement. La forme la plus bouleversante de la crise politique est la révolution. Elle se traduit par l'abolition de l'interdit majeur qui fonde un système politique : celui de la féodalité était le régicide, la Révolution française transgressa cet interdit en faisant tomber la tête de l'État, ce qui rendit irrémédiable le renversement sociétal.etc..

 

Posté par jasonkreyasyon à 20:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 novembre 2013

Discours du Directeur Exécutif de l’Association Citoyens Sans Frontières à l’occasion du lancement de l’ODGRDH

Version finale de logo ODGRDH
ODGRDH
2010_1_8_ahC9po73QICpDaSyVqAhF6
Autocollant
CSF logo

Mesdames, Messieurs les Elus et Décideurs nationaux,

Mesdames, Messieurs les Elus locaux et territoriaux de 2007,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Institutions nationales oeuvrant dans les domaines du droit citoyen, du genre, du développement durable et de l’ingénierie sociale,

Mesdames, Messieurs les Représentants des pays et des Institutions internationales accrédités en Haïti,

Mesdames et Messieurs qui participez au lancement de cette nouvelle structure,

Distingués invités en vos titres et qualités,

Chers Amis,

Je me réjouis de vous accueillir au nom de l’Association Citoyens Sans Frontières et de prononcer les mots d'introduction pour le lancement de l’Observatoire de la Décentralisation, de la Gestion des Risques et Désastres en Haïti (ODGRDH). En cette occasion, je voudrais vous présenter, aux chercheurs à mes cotés qui vont vous entretenir de ces thématiques cruciales, celles de la décentralisation et de la gestion des risques et désastres, à tous ceux qui ont aidé à rendre possible cette démarche, aux organisateurs, membres de l’Association mes plus vifs remerciements pour les efforts déployés afin de réunir les conditions d’un tel événement.

J’ai porté l'idée de cette manifestation pendant plus d’une année juste après la fin de ma mandature en tant que Maire de Port-au-Prince et mon élection en tant que Directeur Exécutif de l’Association. Elle part de la nécessité d'un espace pour les Promoteurs et Agents du changement en Haïti : un lieu d'échanges, de discussions et d'initiatives pouvant rassembler toutes celles et tous ceux qui oeuvrent dans notre pays et dans le monde avec l'inspiration qu’ils sont un des maillons de la chaine de la construction de cette Autre Haïti Possible, de cet Autre monde possible. Une démarche passant par l’ouverture d’un chemin nous démarquant de ce pays qui doute, qui s'interroge, qui se replie parce que faisant face à toutes sortes de risques et de désastres.

La fin des années 1990 a mis en évidence nos errements en matière de prévention des catastrophes par les dégâts causés dans nos villes et campagnes par les cyclones, ondes tropicales, tempêtes, glissements de terrain, inondations et crises politiques – le début des années 2000 avec le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et l’Epidémie du choléra en octobre 2010, nous a aussi montré que le défi est là, devant nous, arrogant et tenace : la définition d’une nouvelle gouvernance des crises, d’une nouvelle gouvernance des risques et désastres existants et émergents dans ce pays. J’ai bien dit une nouvelle gouvernance parce qu’il faut le reconnaitre, des efforts énormes ont été consentis par des acteurs sur le terrain (les services compétents du pouvoir central et des institutions internationales accréditées en Haïti).

Nous sommes convaincu qu’il faut penser à sortir du centralisme et de la centralisation pour faire de vraies places aux structures les plus près des populations car tous ces événements rendent encore plus aiguë la prise de conscience de la nécessité qui s’impose pour les responsables et les populations de s’entourer de toutes les garanties propres à prévenir le risque ou à mieux gérer le désastre de manière à essayer de limiter l’ampleur de ses conséquences. Quelles seraient, par exemple, les conséquences d’un séisme dans la situation idéale où les constructions seraient toutes parasismiques et où les populations auraient une culture de sécurité telle qu’elles connaîtraient les consignes de sécurité et sauraient les appliquer en situation d’urgence ? Certainement, infiniment moins graves que ce que nous constatons actuellement.

En effet, l’Association Citoyens Sans Frontières a choisi en lançant l’ODRGDH de faire l'Histoire en proposant aux Acteurs du système d’ouvrir un nouveau temps en faisant une place réelle dans leurs politiques aux Elus locaux et territoriaux. Nous n'avons pas d'autre choix que d'inventer le monde que nous voulons tout en prenant les décisions pour corriger et écarter les excès et les erreurs du passé. C'est le sens de l'action que l’Association conduit depuis le 21 août 2002. La Constitution de 1987 nous dit qu’Haïti sera décentralisée ou ne sera plus. C'est le moment de nous engager dans des transitions : transition d’approche, transition organisationnelle, transition écologique, transition dans le savoir-faire et le savoir être aussi. L'enjeu pour la CSF est ni plus, ni moins de s'insérer pleinement dans la dynamique de modifier le dispositif existant. Car, face à ces risques divers dits « majeurs », aux conséquences juridiques souvent mal connues, en raison justement de la multitude des textes à laquelle s’ajoute le caractère quelque fois mal défini de la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités locales et territoriales, la situation demeure difficile. C’est pour cela que la gestion des risques doit devenir une priorité locale fondée sur un engagement politique clair, basé essentiellement sur la mobilisation des différentes institutions nationales concernées, doit faire preuve d’une bonne gouvernance, et être intégrée dans la planification des politiques publiques et dans tout projet de développement socio-économique.

Dans ce cadre et de façon tout à fait originale au sein de notre Association, en 2012 des réflexions ont été menées pour trouver un moyen efficace de sensibiliser les Elus locaux et territoriaux sur les problèmes de prévention des risques et sur la manière la plus utile de leur fournir tous les éléments qui ne leur sont pas forcément familiers sur la nature des risques, les moyens de les prévenir, leurs obligations et leurs responsabilités en la matière, ainsi que sur les consignes de sécurité à diffuser auprès de leurs administrés. C’est ainsi que très prochainement, les 140 communes et 570 sections communales d’Haïti seront destinataires d’un document, voulu le plus exhaustif et le plus précis possible sur le rôle des élus locaux et territoriaux en matière de prévention des risques et désastres. Consciente de ce besoin, la Direction Exécutive de l’ODRGDH, l’organe en la matière de la CSF, est prête à apporter son concours et exprime la volonté de voir se manifester une « culture de sécurité » chez ces élus laquelle se traduira par une mission de coordination qui se préoccupera, entre autre, de favoriser l’information préventive des populations sur les risques et désastres.

La loi résout le problème du QUI FAIT QUOI donc que nous reste-t-il à faire ? Comprendre que les activités liées à la réduction des risques et des catastrophes « naturels » couvrent par ailleurs un champ extrêmement large allant des activités de détection et de prévision à la construction d’ouvrages techniques, des mesures législatives aux activités d'information et aux campagnes de sensibilisation. Donc, elles sont liées au renforcement des collectivités locales et territoriales. Une démarche devant :

1) Repenser les outils juridiques de gestion des aléas naturels dans une société faible pour nous sortir des sentiers battus par une meilleure coordination pour une meilleure prévention.

2) Aider à : -l’insertion du sous-budget de la prévention, de la gestion des risques et désastres dans le budget de la commune et de la section communale ; -la création de Comités pour l’Information sur les Risques dans les villes et communes d’Haïti en particulier en milieu scolaire ; -la rédaction des lois y relatives et veiller à leur application par exemple : -la conception et la vulgarisation des Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), Plan d’occupation de sol (POS), Plan Directeur Territorial (PDT), Plan Local d’Urbanisme (PLU), Schéma Réglementaire d’Information Préventive (SRIP), Plan de Sauvegarde Communal (PCS) etc…; -l’introduction d’un Système d’Alerte Précoce (SAP) en Haïti plus dynamique comme le recommande le Cadre d’action de Hyogo 2005-2015 intitulé “Renforcement de la résilience des nations et des communautés face aux catastrophes” devant aider à mieux cerner « la réalité du terrain et des pratiques locales ». On mettrait l’accent sur des critères technologiques mais développerait une vision orientée vers les « usagers », en prenant en compte les connaissances locales ou en s'appuyant sur les réseaux sociaux « non formels ».

IL FAUT FORMER, INFORMER, IMPLIQUER LES CONCERNES MAIS AUSSI APPRENDRE D’EUX. Au sein de l’ODGRDH, nous pensons qu’il serait moins onéreux d’investir dans des opérations visant à prévenir les événements ou du moins à diminuer leurs conséquences, que de devoir financer des opérations de secours et de reconstruction. Le parti pris pour la décentralisation nous fournira les outils aidant à remettre en question les schémas de développement, à souligner les « causes profondes » des catastrophes et à faire nôtres les bonnes pratiques. Donc, L’ODGRDH est un centre-ressource sur la préven- tion des risques technologiques majeurs, qu’il s’agisse d’informations techniques ou juridiques qui propose de mettre ses moyens au service des acteurs principaux (les Elus locaux et territoriaux) pour cette guerre destinée à sauver des vies.

Permettez, chers invités, que j’insiste sur quelques incontournables de l’Action de l’ODGRDH : -Le Plaidoyer pour la préparation d’une stratégie globale et intégrée pour la prévention, la gestion et la réduction des risques; -La recherche incessante de l’implication de l’Université d’Etat; -La mise en perspective de la pertinence de l’intercommunalité dans la gestion des risques et désastres; -Le travail de modélisation devant permettre de développer les cartes des risques de chaque commune, de simuler des catastrophes et de déterminer avec assez de précision le degré d’exposition des secteurs. Il permettra aussi d’élaborer des scénarii de prévention, leur coût et leur retour sur investissement. C’est donc vers un ensemble de tâches et de pistes non exploités que nous nous dirigerons pour éviter toute duplication et toute tension.

Mesdames, Messieurs, “Investir pour des lendemains plus sûrs. Plus d'investissements dans l'action locale” était le titre de la troisième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe et de la Conférence Mondiale pour la Reconstruction tenue à Genève, Suisse du 8 au 13 mai 2011. Lors de son discours inaugural, le Secrétaire général des Nations Unies appelait à “élargir la coalition en faveur de l'action pour la prévention des catastrophes. En effet, celle-ci est l'affaire de tous.” Plus loin, il dit que : “ La présence sans précédent, ici, à cette Plate-forme, de maires et autres dirigeants locaux, de parlementaires, de représentants de la société civile et du secteur privé, et de responsables politiques me conforte dans cette idée.” Pour conclure, il nous demanda de: “ Travailler ensemble pour créer des collectivités résilientes “. Notre Association y souscrit et croit que c'est une base solide sur laquelle nous pouvons bâtir.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire pour introduire la démarche de ce matin. L’ODGRDH donnera l’exemple en aidant à préparer la transition, de passer d'un monde à l'autre, d'être des intermédiaires, des liens entre les individus, les territoires, les générations et même les catégories sociales. Elle se constituera en espace pour partager nos expériences et apprendre les uns des autres, mais aussi pour convenir de la manière dont nous devons travailler ensemble plus efficacement pour répondre aux besoins grandissants en matière de réduction des risques et de développement d'un cadre pour la reconstruction d’Haïti et le relèvement après les désastres. Les seules questions qui vaillent sont de savoir comment nous pouvons agir ensemble ? Qu'est-ce qui a manqué aux acteurs de la résilience en Haïti? Un cadre de travail adéquat ? Sans doute, mais surtout une nouvelle doctrine pour maitriser le destin collectif : la décentralisation.

Merci de votre attention.

 

Muscadin Jean-Yves Jason

Directeur Executif de la CSF

7 novembre 2013

Posté par jasonkreyasyon à 08:55 - Commentaires [1] - Permalien [#]

06 novembre 2013

Société, Histoire et Mémoire

refbmb01

« Une société a besoin de l'Histoire, et non seulement de la mémoire. La mémoire collective est subjective : elle reflète le vécu d'un des groupes constitutifs de la société, c'est pourquoi elle peut être  utilisée par ce groupe comme un moyen d'acquérir ou de renforcer une position politique. »

 

Posté par jasonkreyasyon à 22:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]